Gestion de crise

La gestion de crise est la totalité des modes d'organisation, des techniques et des moyens qui autorisent une organisation de se préparer...


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Conséquences d'un ouragan. Situation de crise.

La gestion de crise est la totalité des modes d'organisation, des techniques et des moyens qui autorisent une organisation de se préparer et de faire face à la survenance d'une crise puis de tirer les enseignements de l'évènement pour perfectionner les procédures et les structures dans une vision prospective.

Un évènement redouté par les prospectivistes est la crise idéale (quelquefois métaphoriquement qualifié d'ouragan parfait)  ; c'est la crise majeure et ultime (collapsus global) incluant un collapsus écologique ou une guerre mondiale, qui pourrait par exemple être induit par la conjonction de plusieurs facteurs de qui naîtrait de la conjonction en un même temps d'une crise sociale, d'une crise financière et/ou économique et d'une crise environnementale (crise écologique + crise climatique, avec dépassement de certains seuil d'irréversibilité (définitive ou à échelle humaine de temps) en matière de surexploitation des ressources naturelles et/ou de dérèglement climatique.
Un tel scénario-catastrophe était toujours reconnu comme particulièrement improbable ou totalement irréaliste par les gouvernants anglais et leurs conseillers en 2007. Début 2009, il ne l'était plus : avec la crise financière puis économique de 2008, puis les particulièrement mauvais résultats des indicateurs environnementaux mondiaux collectés pour préparer la conférence de Copenhague (c'est la fourchette haute des prévisions antérieurs des experts du GIEC et des experts en biodiversité qui décrit le mieux la réalité), le «Big collapse» n'est plus reconnu comme improbable ni lointain par un certain nombre d'experts, dont par le prospectiviste anglais Jonathon Porritt qui, peu après le discours de J Beddington, a pour sa part estimé que Beddington était trop optimiste et que la date du collapsus général serait plutôt proche de 2020 que de 2030

Rappels : Qu'est-ce qu'une crise ?

Étymologiquement parlant, le mot crise associait les sens de «décision» et «jugement» ; En grec, «κρισισ», la crise, est une décision, entre deux choix envisageables. Une crise suppose par conséquent une prise de décision, une action pour s'en sortir. La crise est une situation insolite caractérisée par son instabilité, qui oblige à adopter une gouvernance spécifique pour revenir au mode courant de vie. Par gestion de crise, on entend ce mode de gouvernance[1]. La notion de crise, a ensuite par extension décrit la phase décisive d'une maladie (individuelle ou épidémique). Puis, hors du champ médical, le terme «crise» s'est étendu à l'idée de troubles, de situations de déséquilibre profond, puis de désordre graves (sociaux, économique, politique, géopolitique, climatique, etc. ).

Ce concept qui vient du champ médical s'est à nouveau rapproché du domaine de la santé pour décrire et gérer des états critiques en matière de risque pandémique, de maladies émergentes ou du dispositif de prise en charge sanitaire. Il est aussi particulièrement attaché aux domaines économiques et financiers, puis des ressources écologiques dans une société mondialisée plus que jamais dépendante de ressources finies, productrices de déchets toxiques ou dangereux, et dépendante d'un dispositif où la valorisation d'un capital est presque entièrement basée sur sa consommation, pour entretenir un dispositif de production qui n'a pas de régulation politique forte et qui est une menace pour la santé des écosystèmes et d'une partie de la population. Il peut de plus y avoir une contradiction dans les termes. La crise semble quelquefois même être un mode de gestion. Ainsi peut-on lire dans un rapport français de 2006 :

«"Gérer la crise" est d'un certain point de vue une contradiction dans les termes. On ne gère pas le tourment, le trouble ; on s'efforce d'éviter qu'il se produise, d'en minimiser les effets ou de rétablir l'ordre»[2]
Article détaillé : Crise.

Les grandes phases d'une gestion de crise ;

Anticiper et se préparer semble indispensable pour mieux réagir en cas de survenance de la crise. Le gestionnaire de risque doit par conséquent analyser, évaluer et hiérarchiser les risques principaux, les enchaînements envisageables de causes et conséquences, et leur trouver des parades, des moyens d'adaptation et de restauration

Exemple : Le risque que ma femme me quitte (coté 4/5 en termes de gravité) si je passe toujours la soirée à regarder le foot chez les copains présente une probabilité de 5/5. La cotation globale est de 4*5 = 20 sur une échelle qui s'arrête à 25 (5*5).

Une fois les risques classés par ordre décroissant, le gestionnaire de risque va chercher les leviers d'actions permettant d'y parer. Cette recherche sera menée en analysant les différentes relations de cause à effet pouvant amener à la réalisation du risque.
Ceci nécessite de disposer de moyens et outils de veille et d'évaluation et par conséquent de prévision, et si envisageable de prévention. Des moyens partagés et une approche collaborative permettraient d'en diminuer les coûts.

Prévention

Elle vise à anticiper sur l'envisageable survenance d'événements générateurs de crise, par la mise en place de mesures adaptées. Ces mesures visent à diminuer la probabilité de survenance déterminée lors de l'analyse de risque.

Prévision

C'est la définition et la localisation du danger. Il existe des dangers imprévisibles, mais la préparation à un danger semble aussi être le meilleur moyen d'accélérer les réponses et la résilience en cas de crise d'une autre nature. (Ex : la préparation à une crise pandémique met en place des outils, mécanismes et réflexes proches et pour partie semblables à ceux qui seraient nécessaires en cas de crise de type guerre nucléaire, ou attaque bioterroriste. Indique dans quelle limite de temps le danger peut affecter la population et les aménagements.

Protection

Le but de la protection (ex : protection civile) est de diminuer la gravité de l'événement lorsque et s'il se produit. Les mesures de protection sont étudiées et pré-déployées à l'avance, mais ne prennent tout leur importance que quand le risque s'est réalisé ; elles sont conçues pour en limiter les impacts et les dégâts collatéraux.

Gestion de la crise

Selon le type d'événement générateur et les impacts et conséquences qu'il créé, une crise plus ou moins grave peut survenir, dont la résolution passe par un mode de gouvernance et un mode de communication particulièrement adaptés à la situation : la gestion de crise et la communication de crise.

Quand l'événement affecte tout un pan d'activités, la gestion de crise s'accompagne le plus souvent du déploiement d'un plan de continuité d'activités (qui fait partie des mesures de protection).

Quel que soit le type d'événement auquel il faut faire face, la gestion de crise présente certaines caractéristiques permanentes.

A. Diagnostic, action et décision
Elle exige une capacité de diagnostic, de bonne réaction et par conséquent de décision. La situation est avant tout une situation d'urgence. Il est déterminant de percevoir rapidement la gravité de la situation, les priorités induites et les décisions les plus adaptées aux circonstances.

B. Organisation
La gestion de crise requiert aussi de la part des autorités responsables une capacité à organiser ainsi qu'à rassembler les efforts des différents intervenants. Dans la crise du Tsunami, les différents pays touchés ont leurs propres institutions et divers dispositifs d'organisations. Le préfet en France, est au centre de la totalité du système : il veille à l'unité ainsi qu'à la cohérence des différentes interventions.

C. Communication
La communication de crise est principale : en communication interne, il s'agit de permettre les actions et optimiser le temps de réaction en communiquant. Le terme est utilisé en communication externe pour alerter et informer et aussi pour conserver la confiance des parties prenantes ou du public le cas échéant pour l'avenir.
Son intérêt est économique et politique.

Retour d'expérience

Bilan de la gestion de crise.

Gérer le risque c'est agir sur deux domaines essentiels que sont la prévention et l'intervention. D'où l'importance de tirer un bilan de la crise dans un souci de résilience.

Les outils de la gestion de crise

Simulation de crise

Les crises étant principalement imprévisibles (ou presque!), il est important de tout faire pour être à même, quand cela sera jugé indispensable, d'agir le plus rapidement et le plus efficacement envisageable.

A cet effet, des mises en situations sont organisées pour mettre en pratique les grandes étapes de la gestion de crise listées auparavant ; dans le cadre universitaire (voir l'École nationale supérieure des mines de Nancy[3], l'Université Lille I [4], l'INSEEC), pour former les futurs cadres, ou par le biais de sociétés de conseil et d'accompagnement aux entreprises. On soumet alors aux participants un ou plusieurs cas de crises, qu'il leur conviendra de gérer au mieux pour minimiser leurs retombées négatives.

A noter que ces exercices peuvent aussi s'exercer dans un cadre plus formel, sous l'impulsion d'un gouvernement ou d'une administration. [5]

Annexes

Bibliographie

Articles :

Liens externes

Notes et références

  1. [tiré de : gestion de crise - la réponse de l'entreprise de Simone Eiken & Olivier Velin, EFE, 2006. ]
  2. [pdf] Jean-François Girard et al. sante. gouv. fr Rapport de la mission d'évaluation et d'expertise de la veille sanitaire en France Paris, Aout 2006 (Voir surtout p 16/113)
  3. http ://www. mines. inpl-nancy. fr/∼verdel/cindy/conf/mod. php?id=simulation. php
  4. "Lille1 organise une nuit de la crise pour ses étudiants"
  5. Voir le cas d'Haïti

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