Loi de Murphy
La loi de Murphy est une loi empirique énonçant que si quelque chose peut mal tourner, alors cette chose finira inévitablement par mal tourner.
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La loi de Murphy est une loi empirique énonçant que si quelque chose peut mal tourner, alors cette chose finira inévitablement par mal tourner. Une autre version du même adage indique que s'il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu'au moins l'une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera nécessairement quelqu'un quelque part pour emprunter cette voie…
Cette loi peut être vue de deux manières : l'une, humoristique, est de prendre cette loi à la lettre, et de l'ériger habituellement de pessimisme. Vu sous cet angle, la loi de Murphy est le constat, élevé au rang de principe essentiel de l'univers, que tout doit se produire pour le pire. Dans ce sens, la loi est aussi nommée loi de l'emmerdement maximum (LEM) [1].
L'autre vision consiste à voir la loi de Murphy comme une règle de conception. Vu de cette manière, on ne considère pas la loi de Murphy comme vraie, mais on conçoit tout dispositif comme si la loi était vraie. Surtout, un équipement doit être à l'épreuve, non seulement des accidents les plus improbables, mais également de manœuvres totalement stupides de la part de l'utilisateur. Elle justifie par conséquent les principes de la conception de sûreté préconisant de planifier et d'éliminer dès la conception les possibilités de mauvaise utilisation, par exemple avec détrompeurs.
Énoncés
Loi de Murphy
«S'il y a plus d'une façon de faire quelque chose, et que l'une d'elles conduit à un désastre, tandis quelqu'un le fera de cette façon. [2]»
Loi de Finagle
«Toute chose qui peut mal tourner, tourne mal. [3]»
Principe
La loi de Murphy a trois aspects :
- L'un est bien bien entendu un canular : la «méchante nature» fait échouer toute expérience, par des moyens particulièrement imprévisibles.
- Dans cette formulation, cette loi est une excuse invoquée lors de toute expérience qui échoue, en particulier en milieu d'enseignement, lorsqu'il est impossible de déterminer s'il y a eu erreur de manipulation ou si le laboratoire permet aux effets parasites de prendre le pas sur l'effet à mettre en évidence
- «Pour transformer un résultat faux en résultat juste, il suffit de lui ajouter une constante variable de même dimension correctement choisie qu'on nommera «constante de Murphy»» (encore nommée «constante de Lourdes» — évidemment cette constante n'en est pas une dans la mesure où elle est différente pour chaque expérience). Certains pensaient que la constante cosmologique d'Einstein relevait d'une telle imposture.
- Dans cette formulation, cette loi est une excuse invoquée lors de toute expérience qui échoue, en particulier en milieu d'enseignement, lorsqu'il est impossible de déterminer s'il y a eu erreur de manipulation ou si le laboratoire permet aux effets parasites de prendre le pas sur l'effet à mettre en évidence
- L'autre est de type statistique : si énormément de personnes actionnent un appareil et qu'il existe ne serait-ce qu'une façon de se tromper, il existera statistiquement des gens qui le feront. Et c'est d'eux seuls que le service après-vente entendra parler. Cette seconde forme de la loi est confirmée par l'expérience et a conduit à l'utilisation généralisée de la conception de sûreté.
- Le dernier est psychologique : c'est le problème de vision dissymétrique bien connu en psychologie et en communication : un effet négatif a encore plus de répercussion qu'un effet positif. A titre d'exemple, si une action échoue, on évoquera la loi de Murphy, mais si elle réussit, on ne se dira pas que la loi de Murphy a été mise en défaut. Nous ne remarquons pas les trains qui arrivent à l'heure, juste ceux qui sont en retard.
Réflexivité
Pour empirer toujours les choses comparé à ce qu'énonce la loi de Murphy, la méthode la plus courante est d'utiliser la réflexivité.
On convient par conséquent que la loi de Murphy est réflexive, et s'applique à elle-même. Rien ne garantit qu'un événement va mal tourner quand précisément, en vertu de la loi de Murphy, on s'y attend. Cela peut conduire à des assertions telles que : «Il va se mettre à pleuvoir dès que je commencerai à laver ma voiture, sauf si je veux laver ma voiture dans l'objectif qu'il pleuve.» ou celle bien connue des étudiants «Un examen débute toujours avec un quart d'heure de retard, sauf le jour où on arrive avec un quart d'heure de retard.»
Pour accentuer le côté paradoxal, on peut aussi l'énoncer ainsi : «La loi de Murphy se vérifie toujours, sauf lorsque on cherche à la vérifier» (cercle vicieux de Cavey).
Dysfonctionnements identiques dus à la loi de Murphy :
- «Le pire n'est jamais sûr.»
- «Nul n'est parfait… en particulier pas les autres.»
- «L'informatique n'est pas une science exacte, on n'est jamais à l'abri d'un succès.»
- «On peut toujours faire pire dans l'horreur.»
- «Si quelque chose peut mal tourner, alors cette chose finira inévitablement par mal tourner.»
- «Si, sur deux façons de faire quelque chose, au moins l'une des deux peut entraîner une catastrophe, il se trouvera nécessairement quelqu'un quelque part pour emprunter cette voie.»
- «Un emmerdement n'arrive jamais seul (loi de l'emmerdement maximum).»
- «C'est en imaginant que rien (ou plus rien) ne peut nous arriver, que tout peut nous tomber dessus (loi de l'emmerdement maximum).»
- «C'est en imaginant que tout va nous tomber dessus que le pire reste "suspendu" jusqu'à ce qu'on imagine que plus rien ne peut nous arriver.»
- «En traitant quelqu'un d'autre comme du "menu fretin" on risque un jour de se retrouver à sa place ou pire (loi : la roue tourne).»
Cette réflexivité mène à un syllogisme :
- «Toute tentative ratée de mettre en évidence la loi de Murphy est une mise en évidence de la loi de Murphy»
L'une des conséquences du caractère réflexif de la loi de Murphy est qu'elle n'est démontrable qu'à soi-même. Ce serait alors toujours le jour où on se plaint d'un manque de chance récurrent que la chance tournerait.
Historique
Les versions changent sur l'origine précise de la «loi de Murphy», et sa formulation d'origine.
De 1947 à 1949 aux États-Unis d'Amérique, fut conduit le projet MX981 à la Base Muroc de l'US Air Force, plus tard rebaptisée base Edwards. L'objectif du projet était de tester la tolérance humaine à la décélération. Les tests utilisaient un chariot propulsé par une fusée et monté sur un rail, avec une série de freins hydrauliques en fin de parcours.
Les premiers tests utilisaient un mannequin, attaché à un siège sur le chariot, mais le mannequin fut bientôt remplacé par le capitaine John Paul Stapp. Pendant ces tests surgirent des questions sur la précision de l'instrumentation utilisée pour mesurer la décélération endurée par le capitaine Stapp. Edward Murphy proposa d'utiliser des jauges électroniques de mesure d'efforts attachées aux pinces de retenue du harnais du capitaine Stapp, pour mesurer les forces exercées sur chacune de ces pinces durant la rapide décélération. L'assistant de Murphy câbla le harnais et un test fut réalisé avec un chimpanzé.
Cependant, les capteurs indiquèrent une force nulle. Il apparut que les capteurs avaient été montés à l'envers. C'est à ce moment que Murphy, frustré par l'échec dû à son assistant, prononça sa célèbre phrase : «If that guy has any way of making a mistake, he will» (que on peut traduire par «Si ce gars a la moindre possibilité de faire une erreur, il la fera.»).
- Selon la version de George Nichols, ingénieur présent lors de cette expérience, la formalisation de la «loi de Murphy» vint pendant une discussion avec les autres membres de l'équipe. Elle fut condensée en «Si cela peut se produire, cela arrivera» et appelée loi de Murphy pour se moquer de ce que Nichols perçut comme de l'arrogance de la part de Murphy.
- D'autres, et spécifiquement Robert Murphy, l'un des fils d'Edward Murphy, nient cette version et clament que la phrase de Murphy était plutôt dans l'esprit de «If there's more than one way to do a job, and one of those ways will result in disaster, then somebody will do it that way.» («S'il y a plus d'une façon de faire quelque chose, et que l'une d'elles conduit à un désastre, alors il y aura quelqu'un pour le faire de cette façon.»).
Dans les deux cas, la phrase rencontra la notoriété après une conférence de presse dans laquelle il fut demandé à Stapp comment il était envisageable que personne n'eût été gravement blessé durant les tests. Stapp répondit que cela avait été envisageable car ils avaient pris la «loi de Murphy» en considération, loi qu'il expliqua. Il ajouta que, généralement, il était important de considérer l'ensemble des possibilités avec un test .
L'énoncé de la loi de Murphy s'implanta rapidement dans les milieux techniques associés à l'aéronautique, puis à ceux associés à d'autres domaines de l'ingénierie ; au fil des années, plusieurs variantes communes se sont répandues dans le grand public, dont la version désormais désignée comme loi de Finagle.
Lois dérivées ou apparentées
- La loi de la tartine beurrée : «une tartine beurrée tombe toujours sur le côté beurré». Application la plus célèbre de la loi de Murphy, elle fait l'objet d'une étude détaillée. Il s'agit aussi d'une expression quelquefois utilisée comme synonyme de «Loi de Murphy».
- La loi de l'emmerdement maximal ou loi de l'emmerde maximale ou LEM. Il semble que l'origine de cette loi soit militaire. Cette loi dispose que s'il y a une faille ou un défaut dans un plan de bataille, il y a de grandes chances pour que l'ennemi l'exploite, car invariablement il analysera l'ensemble des options envisageables. Cette loi est probablement bien antérieure à la loi de Murphy, et il est envisageable qu'elle remonte à la Première Guerre mondiale. La «LEM» est idéalement illustrée sur un mode humoristique dans le sketch de Jean-Marie Bigard «La valise RTL».
- L'effet démo : un objet, un logiciel, etc., utilisé au quotidien sans incident présentera un dysfonctionnement lors d'une démonstration, en particulier en public. On parle aussi du démon de la démo. Exemple : la présentation des différents Windows par Bill Gates (s'achevant par le célèbre écran bleu de la mort).
- La loi du Fatal Error (loi de Bouchard, du nom de son créateur basé sur la loi de Murphy). Le nombre de crashes (FatalError), le plus souvent d'un logiciel informatisé, est inversement proportionnel au nombre de sauvegardes. Autrement dit que, moins on sauvegarde fréquemment, plus le risque de "crash" est élevé.
- L'effet Bonaldi, assez connu en France en référence aux démonstrations de Jérôme Bonaldi ratées sur le plateau de l'émission Nulle Part Ailleurs ou On a tout essayé tandis que réussies pendant les répétitions.
- La loi de Finagle :
- «S'il existe une possibilité pour qu'une expérience échoue, elle échouera.»
- «Si quelque chose de mal peut se produire, cela arrivera.»
- Une version extrême de cette loi dit que «s'il y a la moindre possibilité que ça rate, ça ratera ; s'il n'y en a aucune, ça ratera quand même .»
Lois scientifiques détournées
La loi de Finagle est quelquefois formulée ainsi : «La perversité de l'Univers tend vers un maximum», généralisation caricaturale du deuxième principe de la thermodynamique qui stipule que toute transformation réelle s'effectue avec création d'entropie ; l'entropie étant en quelque sorte le désordre de l'énergie, on peut présenter la seconde loi de la thermodynamique de manière légèrement biaisée pour la faire apparaître comme une caution scientifique de la loi de Murphy ou de Finagle.
Une autre loi scientifique qu'on peut faire passer pour proche de la loi de Murphy est la loi de Lenz-Faraday. Cette dernière décrit à la base le phénomène physique à l'origine du fait que le mouvement d'une barre de métal dans une spire crée un champ magnétique qui tend à déplacer la barre dans le sens opposé. Par extension, il est fait référence à la loi de Lenz pour caractériser tout phénomène ayant lieu (en apparence) à l'opposé de ce qu'on aurait souhaité.
Corollaires et extensions
- Le rasoir d'Hanlon : «N'attribuez jamais à de la malignité ce qui peut s'expliquer énormément plus simplement par de la bêtise» (ce principe a aussi été énoncé par Bertrand Russell).
- L'échec critique : «L'échec a toujours lieu au moment le plus inopportun» (fréquemment cité dans les jeux de rôle).
- La loi de Sturgeon : «90 % de toute chose est de la merde».
- La loi des séries, qui postule qu'un événement désastreux doit en entrainer d'autres, identiques, à sa suite. On dit tandis qu'«un ennui n'arrive jamais seul», ou encore «il y a des jours comme ça où on ferait mieux de rester au lit».
- D'un point de vue sérieux, les études montrent que la loi des séries est en fait un biais de l'esprit humain, qui a tendance à relever énormément plus les successions exceptionnelles, même si elles ne sont statistiquement pas improbables, que les cas où précisément les accidents ne se produisent pas en série[4].
- On remarque que la durée de la série d'avanies subie est directement proportionnelle au carré de la gravité des dites avanies, une série vénielle ne durant rarement plus d'une journée, particulièrement exceptionnellement jusqu'à une semaine, une gravité bien plus prononcée pouvant conduire au concept d'annus horribilis.
- On constate aussi que tout ce qui peut être entrepris pour tenter d'enrayer la «série noire» semble le plus souvent et irrémédiablement voué à l'échec, pouvant même se révéler à l'occasion générateur de nouvelles et récurrentes avanies, exacerbant par là même une paranoïa grandissante.
- Un nombre x de méthodes de calcul apporte au moins x résultats différents.
- La loi de Deniau : «Initialement les ennuis s'additionnent, ensuite ils se multiplient[5]» (énoncée par Jean-François Deniau).
- La loi de Stein : si un phénomène ne peut continuer indéfiniment, il s'arrêtera. Cette loi fut énoncée par Herbert Stein, président du Council of Economic Advisers, sous la présidence de Richard Nixon. Cette loi décrit les limites d'un dispositif en déséquilibre, et peut être reconnue comme un corollaire de la loi des séries décrite ci-dessus.
- La loi de la trahison : si un individu a les moyens, l'occasion et les motifs pour trahir, il trahira.
- La loi du boomerang : une mauvaise action qui ne détruit pas l'adversaire entraîne en retour une vengeance plus terrifiante que l'action qui l'a suscitée. Les bombardements de Londres et de Coventry ont incité la RAF à entreprendre les bombardements stratégiques sur l'Allemagne et surtout à raser la ville de Dresde le 14 février 1945.
- La loi du texte imparfait : un texte de loi aux termes équivoques sera utilisé par les juristes dans le sens qui leur semblera le plus avantageux à un moment donné. Un même juriste tournera la même loi dans des sens différents s'il y trouve son intérêt.
- La loi du grain de sable : on peut réussir un exploit titanesque et être terrassé par une difficulté minime, un impondérable de derrière minute. Voir les films «Mélodie en sous-sol» et «Les Morfalous». Par extension on aboutit à l'Effet Papillon ou l'Effet Quidamus.
- La loi de complexification : plus un plan est complexe, plus il risque d'échouer, plus il est simple, plus il a de probabilités d'aboutir.
- La loi de la confiance : plus un individu insistera pour obtenir votre confiance, plus il risque de la trahir.
- La loi du dictateur : plus un dictateur est sanguinaire, plus il sera adulé.
- La loi de Munich : les meilleures intentions entraînent les pires effets.
Combat et opérations militaires
La loi de Murphy s'applique évidemment tout spécifiquement sur les champs de batailles et lors des guerres.
- N'ayez pas l'air important, ça attire les tirs.
- En cas de doute, videz votre chargeur.
- Ne partagez pas un trou d'homme avec quelqu'un de plus courageux que vous.
- N'oubliez jamais que votre arme a été fabriquée par le moins-disant (c'est-à-dire le moins cher).
- Si votre attaque se déroule vraiment bien, vous tombez dans une embuscade.
- La diversion ennemie que vous ignorez est en fait l'attaque principale.
- Le travail en équipe est essentiel : il offre à l'ennemi d'autres cibles.
- Si vous êtes devant vos positions, votre artillerie va tirer trop court.
- La voie la plus directe est toujours minée.
- En cas d'oubli : la mine antipersonnel est pointée droit vers vous.
- Si l'ennemi est à portée de tir, vous aussi.
- Les balles traçantes marchent dans les deux sens.
- Les radios tomberont en panne lorsque vous aurez désespérément besoin d'aide.
- Tout ce que vous ferez peut vous tuer — même ne rien faire.
- Si une seule solution peut être trouvée pour un problème sur le terrain, ce sera certainement une solution stupide.
- Si c'est stupide mais que ça marche, ce n'est pas stupide.
- Le camp avec l'uniforme le plus simple gagne (Marine Reserve Maj. Mark Cancian).
- La seule chose plus précise qu'une balle ennemie venant dans votre direction est une balle alliée venant dans votre direction.
- L´exception confirme la règle, et rend inutile le plan de bataille.
- Le rayon d'explosion d'une grenade est toujours un peu plus long que la distance à laquelle vous pouvez sauter.
Mécanique
- Les câblages mis à longueur avant fourniture sont toujours trop courts.
- La loi de la gravitation sélective : un objet tendra toujours à tomber à l'endroit où il causera les plus gros dégâts ou encore, un objet tendra toujours à tomber à l'endroit où il sera le plus inaccessible.
Logistique
- La disponibilité d'un matériel est inversement proportionnelle à l'urgence de la réparation.
- La probabilité de panne d'un équipement est inversement proportionnelle à son accessibilité.
- Les paramètres sont toujours indiqués dans les unités les moins pratiques (exemple : vitesse exprimée en Angström/semaine - programme Airbus)
- Gestion de programme : lors d'une recherche de panne, la cause est toujours celle qui est écartée la première car étant au-dessus de tout soupçon (fusée Ariane).
- Lors de la caractérisation d'un équipement selon ses erreurs négatives et positives, l'erreur globale de l'équipement est égale à la somme de l'ensemble des erreurs, en valeurs absolues.
- Les tableaux, listes d'abréviations, etc. sont toujours à l'endroit où on s'en doute le moins.
- Les objets se situent toujours au dernier lieu où on les cherche. (Il s'agit toujours d'un exemple de loi de Murphy apparente, en réalité une tautologie : une fois l'objet trouvé, on cesse de le chercher. Donc, même si on trouve l'objet au premier lieu, il s'agit aussi du dernier lieu où on l'a cherché).
Informatique, programmation, techniques
- La loi de Paquel : la caractéristique la plus constante de l'informatique est la capacité des utilisateurs à saturer tout dispositif mis à leur disposition.
- La loi de Barton sur le mauvais côté de l'USB : Quand on branche une prise USB sur un ordinateur, on est certain de la brancher du mauvais côté. On peut démontrer la loi pour ce genre de geste quotidien en considérant qu'on ne perçoit pas les occurrences où on la branche correctement.
- La loi de Tommy : la loi de Murphy au carré, LEM². Tout ce qui est susceptible de mal tourner, tournera obligatoirement toujours plus mal que prévu.
Psychologie infantile
- Un enfant en bas âge va toujours préférer le jouet le plus sale ou le plus dangereux, quel que soit le choix dont il dispose.
- Peu importe le prix du cadeau qu'on achète à un enfant, c'est avec l'emballage qu'il voudra jouer.
Transport
- Le jour où vous aurez un rendez-vous capital les transports publics seront en grève, les taxis seront indisponibles et votre automobile sera en panne.
Transports en commun
- La vitesse des moyens de transport est inversement proportionnelle au temps total perdu (attentes, correspondances et retards).
Travail
- La loi de Cuvelier : plus un travail est inutile, ou alors nocif pour la société, mieux il sera payé.
Loi de Murphy
- La loi de Murphy appliquée à elle-même : quand on parle à quelqu'un de la loi de Murphy et qu'on fait un test pour montrer la véracité de cette loi, l'expérience réussit (contredisant ainsi la loi de Murphy).
Théorie scientifique
- Principe de Darwin : plus une théorie est vraie, moins elle est crédible.
- Loi de la Théorie Universelle : La théorie, c'est lorsque rien ne marche mais qu'on sait pourquoi. La pratique, c'est lorsque tout fonctionne mais que personne ne sait pourquoi. Ici on réunit les deux : rien ne marche et personne ne sait pourquoi. (Albert Einstein)
Quelques cas où la loi se démontre
Il existe quelques cas dans lesquels une analyse rigoureuse montre que l'effet négatif n'est pas une vision, mais a une explication logique.
File d'attente de supermarché, ou bouchon sur l'autoroute
Si on est dans une file d'attente quelconque, localisée entre deux autres, il y a deux probabilités sur trois que l'une des deux files adjacentes soit plus rapide que la sienne. Cela est logique : de trois files, chacune n'a qu'une probabilité sur trois d'être la plus rapide, et la sienne ne fait pas exception. Dans les faits, la probabilité d'être dans la moins rapide est de 33 %, tout comme dans celle qui est la plus rapide ou celle qui se trouve entre les deux.
Bien entendu il en va autrement dans la forme humoristique de cette loi : par exemple dans le film 35 heures c'est déjà trop, chaque fois que le héros change de file, la file d'arrivée devient la plus lente.
Heures de pointe
Bien plus de voyageurs prennent les transports en commun aux heures de pointe qu'aux heures creuses. C'est par conséquent parmi ce type de voyageurs qu'on a le plus de probabilités de se trouver.
Attente d'un autobus
Lorsque on attend un bus passant à intervalles irréguliers, on a plus de probabilités de tomber dans un intervalle long que dans un court. À la limite, si deux bus se suivent à juste une minute d'écart, on a particulièrement peu de probabilités d'arriver à l'arrêt de bus juste dans cet intervalle. (En revanche, bien plus de chances d'arriver AVANT ou APRES les 2 passages de bus... )
Étude de cas : la loi de la tartine beurrée
La «loi de la tartine beurrée» décrit que la tartine tombe toujours du côté beurré. Cette doléance a trois réponses :
- l'une est une boutade : n'accusez pas le sort pour nier vos responsabilités : c'est vous et vous seul qui avez beurré votre tartine du mauvais côté ;
- la seconde envisage que le côté beurré, en particulier s'il s'y trouve aussi de la confiture, est peut-être tout simplement légèrement plus lourd que l'autre.
- enfin, et c'est sans doute la plus scientifique, cela dépendrait de la hauteur de la table. En effet, les hauteurs de table courantes ne permettent pas à une tartine tombant d'une table d'effectuer une rotation complète afin d'atterrir sur son côté non beurré.
Études sur la probabilité
Dans le cas de la tartine beurrée, des études ont montré que la probabilité que cet énoncé se vérifie dépend fortement de la hauteur de la table, dans des conditions normales de beurrage (monoface) et avec des tartines standard.
Pour une hauteur de table standard, on démontre analytiquement que la tartine, généralement beurrée sur sa face supérieure, aurait juste le temps d'effectuer un demi-tour lors de sa chute et ainsi de s'étaler irrémédiablement sur la face beurrée au sol (pour bien faire, il faudrait par conséquent beurrer la face inférieure… ce qui est loin d'être facile sans retourner la tartine ; dans le cas opposé, la face inférieure deviendrait la face supérieure et tous nos efforts pour que le beurre ne touche pas le sol seraient inutiles). De telles «recherches», si tant est qu'elles aient trouvé un financement, se qualifieraient sans nul doute pour le prix Ig Nobel.
Cette recherche fut réalisée et a effectivement reçu un Ig Nobel. Robert Matthews, physicien, membre de la Royal Astronomical Society et de la Royal Statistical Society, reçut le prix Ig Nobel de physique en 1996. Ne pouvant se rendre à la cérémonie de remise des prix, il envoya un discours enregistré, qui pareil aux Murphy's Laws, arriva quatre jours après la cérémonie.
Il relança l'expérience, en 2001, grâce au magnifique outil qu'est la statistique. Des écoliers de tout le Royaume-Uni ont réalisé 21 000 lancés de tartines. Et il se trouva que le côté beurré obtint un taux de 62 %. Ce qui sert à convaincre les personnes qui prétendent que la chute de la tartine est entièrement due au hasard.
«Grâce à cela, Robert Matthews a définitivement et doublement démontré, tant sur le plan théorique qu'expérimental que la nature a effectivement horreur du vide d'un parquet fraîchement nettoyé !»[6], [7] Si on regarde le phénomène d'un point de vue strictement mécanique, la densité du beurre est plus importante que celle du pain, ainsi la tartine est en équilibre instable : le centre de gravité est localisé au-dessus du centre de surface. Elle aura par conséquent tendance à se retourner en position d'équilibre stable.
Du strict point de vue de la dynamique des solides, le mouvement de chute d'une tartine est complètement paramétrable et prévisible. Le fait est que la chute de la tartine débute presque toujours par une rotation, que ce soit autour du rebord de la table ou autour d'un doigt de la main de laquelle s'échappe la tartine. Ainsi, le côté sur lequel va atterrir la tartine dépend de deux choses : la vitesse de rotation d'origine et la hauteur de chute. Pour que la tartine tombe du côté sec, il faut qu'elle ait le temps de réaliser une rotation complète. Or, ceci dépend du temps dont elle dispose avant de toucher le sol. La raison pour laquelle la tartine ne tombe pas forcément côté beurré est que la rotation d'origine n'est pas constante selon les personnes. Si on venait à effectuer une campagne de test en ayant toujours les mêmes paramètres initiaux, on obtiendrait un taux de retournement, au choix, proche de 0 % ou proche de 100 %.
La loi du minimax apporte aussi une parade : beurrer sa tartine des deux côtés : l'un restera obligatoirement intact.
Extensions humoristiques
Dans le cas de la loi de la tartine beurrée, les études rigoureuses ont montré que sur la probabilité de tomber du côté du beurre, la loi de Murphy apporte en fait une intuition qui se vérifie.
Cependant, les spécialistes de l'humour portant sur la loi de Murphy ont proposé des corollaires qui rendraient la vie bien pire toujours, s'ils n'étaient pas totalement injustifiables rationnellement.
L'un de ces corollaires propose que la probabilité de chute «côté beurre» (ou, si on a déjà admis que la chute finit toujours du côté du beurre, la probabilité de la chute elle-même) est proportionnelle, d'une part au prix de l'éventuel tapis, d'autre part au caractère récent du dernier nettoyage. On peut de même proposer que ces probabilités croissent quand le beurre est recouvert de confiture ou de miel.
Enfin, la loi de la tartine beurrée possède un corollaire (le corollaire de Blumenfeld) : si vous beurrez une tartine et qu'elle tombe du côté non beurré, c'est que vous aviez beurré le mauvais côté.
Paradoxe du chat beurré
Prendre à la lettre la loi de la tartine beurrée fixée sur le dos d'un chat a abouti à une autre plaisanterie : le ‘'Paradoxe du chat beurré ‘', ou paradoxe de la lévitation félino-tartinique si on veut parodier les expressions scientifiques compliquées : «Les lois de la tartine beurrée stipulent de manière définitive que le beurre doit toucher le sol tandis que les principes de l'aérodynamique féline réfutent strictement la possibilité pour le chat d'atterrir sur le dos. Si l'assemblage du chat et de la tartine devait atterrir, la nature n'aurait aucun moyen de résoudre ce paradoxe. C'est pour cela qu'il ne tombe pas.» (Marcel Gotlib in la Rubrique-à-brac). (Alan Moore base aussi une histoire de Jack B. Quick sur ce paradoxe).
Application à la démarche de conception
La loi de Murphy est à l'origine du concept de «defensive design» (ergonomie de sécurité ou conception de sûreté) qui préconise de concevoir les objets pour qu'ils présentent la plus faible probabilité de mauvaise utilisation (par l'ajout de détrompeurs par exemple).
Le but du «zéro défaut» étant posé clairement, la parade est l'idée de dispositifs avec lesquels on ne peut pas se tromper, dits en Allemagne Idiotensicher, et dans les pays anglophones fool-proof. Mais derrière cette «parade» se cache en réalité une démarche principale nommée l'analyse de la valeur, et caractérisée par la boîte noire de la psychologie.
Notes et références
- La Loi de l'Emmerdement Maximum, SCIO vulgarisation de la phyisique depuis 1999
- «If there's more than one way to do a job, and one of those ways will result in disaster, then somebody will do it that way. »
- «Anything that can go wrong, will. »
- Voir Crashs aériens : le mythe de la loi des séries ou Pourquoi la tartine tombe toujours du côté du beurre : La loi de Murphy expliquée à tous de Richard Robinson
- Mémoires de 7 vies, Jean-François Deniau, Plon.
- Les Prix IgNobel (La science qui fait rire… et réfléchir) , Marc Abrahams, Éditions DangerPublic.
- Pourquoi la tartine tombe toujours du côté du beurre. La Loi de Murphy expliquée à tous. , Richard Robinson, Éditions Dunod.
Voir aussi
Liens externes
- (en) Murphy's laws site - La référence anglophone
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