Prime de risque
Les investisseurs et même les parieurs, ont généralement une certaine aversion au risque. Ils préfèrent un gain assez sûr à un gain énormément plus important, mais aléatoire, selon l'adage «un tiens vaut mieux que deux tu l'auras».
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Risque (finance) - Assurance
Les investisseurs et même les parieurs, ont généralement une certaine aversion au risque. Ils préfèrent un gain assez sûr à un gain énormément plus important, mais aléatoire (mieux vaut recevoir 100 euros qu'avoir une chance sur dix d'en recevoir 1000), selon l'adage «un tiens vaut mieux que deux tu l'auras».
Ainsi, il y a une demande moins forte pour les choses risquées que pour les choses non risquées.
Par conséquent, les investisseurs exigent généralement pour investir dans une entreprise (par l'achat d'actions ou de tout titre financier émis par des entreprises) que le rendement attendu soit supérieur à celui d'un placement non risqué, c'est-à-dire celui des emprunts d'État. Cette différence de taux, ce revenu supplémentaire espéré exigé, est la prime de risque. Le taux correspondant, qui est la somme du taux non risqué et de la prime de risque est le taux risqué.
Cependant, en période de grande euphorie (bulle spéculative), la prime de risque s'annule (neutralité au risque), ou alors devient négative (recherche du risque).
L'aversion au risque, qui a conduit aux concepts d'utilité et de prime de risque, est l'une des toutes premières notions ayant été découvertes en économie par Daniel Bernoulli, il y a 300 ans. Cependant, la pertinence de ces concepts fait l'objet de diverses controverses aujourd'hui, sous l'effet de travaux de recherche liés à la finance comportementale.
La prime de risque globale d'un titre donné peut fréquemment être décomposée pour rendre compte du fait que certains facteurs de risque affectent l'ensemble des entreprises d'une même catégorie tandis que certains autres éléments n'influenceront qu'une entreprise spécifique. La prime de risque globale d'une entreprise A sera par conséquent la somme d'une prime de risque de marché (applicable aux autres entreprises) et d'une prime de risque intrinsèque (reflétant seulement le risque de l'entreprise A).
Exemples
- Diverses sociétés de crédit proposent des prêts où il n'est pas indispensable de justifier de l'utilisation de l'argent mis à disposition. Le taux pratiqué TEG est alors fréquemment élevé et atteint quelquefois 20% ! Ces sociétés font en effet une marge particulièrement importante sur chaque crédit mais prennent le risque de ne pas être remboursées (surendettement par exemple). Donc, le surprofit gagné grâce aux personnes qui remboursent leur crédit permet de financer les pertes liés aux non-remboursements (rappelons que ces organismes ne créent pas de la monnaie, ils l'achètent à la BCE à un certain taux et la revendent à un taux plus élevé à leurs clients).
- Les créateurs de Meetic ont pris énormément de risques, la réussite actuelle n'étant absolument pas prévisible. La prise de risque a été bien rémunérée (par le profit et l'augmentation de valeur de l'entreprise). S'ils avaient échoué, ils auraient eu une rémunération de - 100 % (c'est-à-dire la perte de tout le capital investi).
Nous pouvons faire le calcul de l'espérance mathématiques du gain suivant, où
représente le capital investi, 300% le gain assuré si le pari est gagné,
la probabilité que le projet réussisse et
la probabilité que le projet échoue.
![E = [3 \times K] \times p + [(-1) \times K] \times q \,](illustrations/9975cc3be263d804f43812495fdd6943.png)
L'entreprise prend un risque, elle a par conséquent une prime de risque qui est ici de 300%.
Pour les puristes,
car soit le projet réussit, soit il échoue (voir Daniel Bernoulli) ; pour simplifier la chose, nous n'envisageons pas de solution intermédiaire (comme un «petit succès»). Pour concrétiser la chose, nous pouvons supposer que
(30% de chance que le projet aboutisse sur un succès). Ainsi, l'espérance du gain est de
, soit un gain espéré de 20% (donc mathématiquement, il faut prendre ce risque dans la mesure où il est particulièrement supérieur au taux non risqué).
Nota
Une méthode plus rudimentaire consiste à calculer une prime de risque "instantanée", et non pas prospective basée sur l'anticipation de revenus futurs. Elle a la forme d'une simple soustraction entre
- le «rendement bénéficiaire» (inverse du PER) sur les cours actuels des actions de l'indice boursier
- et le taux actuel de marché des obligations d'État à 10 ans.
Malgré son côté assez peu significatif, elle est fréquemment utilisée dans la presse financière pour simplifier le calcul et éviter les aléas de l'anticipation des gains.
Voir aussi
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