Réassurance
La réassurance, pour schématiser, est l'assurance pour les sociétés d'assurances. Quelquefois nommée assurance secondaire, celle-ci ne peut pas exister sans l'étape préliminaire du transfert de risque que représente l'assurance primaire.
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Assurance
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Définitions :
- Le fait, pour une société d'assurances, de transférer à un autre assureur des risques qu'elle garantit. (source : clhia)
La réassurance, pour schématiser, est l'assurance pour les sociétés d'assurances. Quelquefois nommée assurance secondaire, celle-ci ne peut pas exister sans l'étape préliminaire du transfert de risque que représente l'assurance primaire. La réassurance est membre du secteur de l'assurance et de la finance en général.
Histoire de la réassurance
Les premières lois relatives à l'assurance remontent au code d'Hammurabi à Babylone au XVIIIe siècle av. J. -C.
Les premières traces de pratiques plus que de contrats, assimilables à la technique de transfert du risque et de maîtrise de l'aléa moyennant le règlement d'une prime se retrouve vers 3000 av. J. -C. en Chine orientale où de riches marchands faisaient répartir les valeurs des biens transportés entre différents vaisseaux appartenant aux uns ainsi qu'aux autres, tout en contre-garantissant une partie de leur biens par l'émission de titres payables par les acheteurs en cas de survenance de l'aléa qui alors ne pouvait être que la perte totale du bâtiment. Dans le cas de la bonne arrivée à destination le garant conservait la prime d'émission. Ces pratiques de mutualisation entre les preneurs de risques furent développées par les peuples méditerranéens pour la garantie des transports maritimes, que ce soit par les Phéniciens où bien les Grecs comme à Rhodes.
Cependant, l'assurance sous sa forme moderne et contractuelle n'apparaît qu'avec l'essor des riches cités-État d'Italie du Nord et de Flandre suite au développement maritime, commercial et financier de celles-ci. Ainsi en 1310, le comte de Flandre fait éditer une charte pour la création d'une chambre de l'assurance à Bruges dont la fonction était d'éditer des garanties d'assurance conçues pour la protection du risque maritime et faciliter ainsi le commerce déjà particulièrement prospère en Flandre. La réassurance apparaît peu après ce renouveau de l'assurance : en 1370, deux assureurs vénitiens assuraient dans ce cas la marchandise d'un bateau effectuant la liaison entre le port de Gênes et la ville de Sluis aux Pays-Bas. Ils décidèrent de céder le risque à un troisième assureur sur la partie la plus risquée du voyage, à partir du détroit de Gibraltar lors de l'escale à Cadix en Espagne et ce jusqu'au passage du golfe de Gascogne. On a retrouvé depuis des contrats de réassurance en Italie, en France et au Royaume-Uni. Mais ceux-ci restent limités à quelques cessions spécifiques et sont en particulier présents dans le commerce maritime.
C'est à Londres au Royaume-Uni que la première organisation moderne d'assurance a vu le jour sous la forme du Hand-in-Hand Fire Office créé en 1696 en réponse au grand incendie de Londres de 1666. À Londres toujours, la première société d'assurance se créée en 1710 sous le nom de Sun Fire. Particulièrement rapidement, des sociétés d'assurance vont apparaître et se développer dans l'ensemble des pays occidentaux, en particulier au Royaume-Uni, en Allemagne et en France.
La réassurance moderne ainsi qu'à grande échelle est apparue en Allemagne vers la fin du XIXe siècle, suite à la révolution industrielle de ce pays. Les sociétés d'assurance allemandes avaient de plus en plus de mal à couvrir des usines et autres complexes industriels immenses, en particulier en cas d'incendie. Elles ont par conséquent fait appel à des contrats de réassurance et les techniques de réassurance se raffinèrent au cours du temps. Dès 1852, la Kölnische Rück fut créée en Allemagne pour répondre aux besoins de capacité du secteur industriel allemand en fort développement.
Dès lors de nombreuses sociétés spécialisées seulement dans la réassurance émergèrent et la réassurance se mit à couvrir environ l'ensemble des branches sur l'ensemble des marchés d'assurance mondiaux. Cependant l'offre et la demande de réassurance restent bien plus fortement implantés dans les pays développés, l'offre de réassurance provenant principalement de quelques pays occidentaux (Allemagne historiquement, Suisse, Royaume-Uni, États-Unis, France).
En août 1992, l'ouragan Andrew toucha particulièrement fortement la Floride. Il en résulta un besoin impérieux de capacité de protection de réassurance contre les phénomènes naturels aux États-Unis. Ainsi plusieurs réassureurs nouveaux sont apparus aux Bermudes, le marché bermudien ayant été dés les années 1970 un marché de captives d'assurance essentiellement à vocation industrielle ainsi qu'à but fiscal et une source de réassurance pour pallier la crise de la responsabilité civile aux États-Unis dans les années 1980. Dès 1993, ce marché a servi à pourvoir les cédantes américaines en capacités de réassurance dommages catastrophes (property cat), puis dès mi-1990, ces réassureurs ont recherché un meilleur équilibre de leurs expositions mondiales (aggregates) en se développant essentiellement au Japon puis Asie, et enfin en Europe. Actuellement ces sociétés sont à majorité multibranches et énormément d'entre elles disposent de bureaux ou filiales en Europe ou en Asie, elles sont toutes parmi les tops 10 des classements en termes de chiffre d'affaires et de capitalisation (XL Group, Partner Re, Axis, Renaissance Re, etc. ).
Principes de la réassurance
Le principe de la réassurance est aussi simple que celui de l'assurance. Le code de commerce allemand dispose à ses articles consacrés à la réassurance que «le réassureur est l'assureur de l'assureur.» Il s'agit pour la société d'assurance (la cédante) de céder à une société spécialisée (le réassureur) un risque aléatoire (les conséquences d'un sinistre incendie, de la mort, d'un tremblement de terre, d'un naufrage) contre le règlement d'une prime de réassurance correspondant au risque transféré et au mode de transfert prévu dans le contrat de réassurance (le traité). La société d'assurance est dans ce cas nommée la cédante (ou assureur primaire) et elle effectue une cession auprès d'un ou de plusieurs réassureurs (l'assureur secondaire) par un contrat de réassurance (ou programme). Un contrat de réassurance existe sous de nombreuses formes et peut couvrir une période donnée ou non, quoique la majorité des contrats de réassurance aient une période de validité d'un an.
Voici un exemple particulièrement simplifié qui décrit ce principe :
Les spécifiques M. X et Mme Z veulent assurer leurs biens immobiliers auprès de l'assureur A qui accepte de les couvrir. M. X a signé une police pour une garantie de 1 000 000 € en échange d'une prime qu'il devra verser de 400 €. Mme Z a quant à elle souscrit une police qui garantit 2 000 000 € contre une prime de 800 €. L'assureur A reçoit par conséquent une prime totale pour son portefeuille dommages aux biens de 400 + 800 = 1 200 €. Par contre, le montant total de sa garantie mise en jeu est de 1 000 000 € + 2 000 000 € = 3 000 000 €. Ce montant de garantie peut se manifester si par exemple les biens de M. X et Mme Z sont sinistrés par une même tempête ou le même incendie. L'assureur A n'ayant que 2 500 000 € de fonds propres, il décide de se faire réassurer auprès du réassureur R pour éviter toute faillite. A et R se mettent d'accord pour un contrat de réassurance portant sur une garantie de 500 000 € qui interviendrait sur un sinistre ou une catastrophe dépassant 2 500 000 €. Pour cette couverture, le réassureur R va demander 1 % de la prime du portefeuille dommages aux biens de l'assureur A, soit 1 % * 1 200 € = 12 €.
Dans la réalité, les portefeuilles cédés aux réassureurs peuvent porter sur des centaines de milliers, ou alors des millions de spécifiques, et les garanties peuvent s'élever à des centaines de millions, ou alors des milliards d'euros.
Le contrat de réassurance ne lie juridiquement que la cédante à son réassureur. Ainsi, la cédante devra rembourser son assuré sinistré même si le réassureur refuse de payer la cédante (par exemple à cause d'une interprétation différente des clauses du contrat de réassurance) ou s'il ne peut pas le régler (par exemple en cas d'insolvabilité) il est par conséquent juridiquement ducroire des engagements qu'il a contracté auprès de ses assurés. Le spécifique ou l'entreprise assurés ne sont habituellement pas au courant de l'existence d'un contrat de réassurance et ils n'ont aucun contact avec le (s) réassureur (s). Ceci explique la méconnaissance du public en général du mécanisme de la réassurance, sauf quand les médias évoquent la réassurance lors de grandes catastrophes comme les attentats du World Trade Center. La jurisprudence aux États-Unis en matière de réassurance fait exception à cette réalité en ce que des juges ont déjà condamné directement les réassureurs d'une cédante insolvable (cut-through), même si ces cas restent marginaux, ils font partie de la chose jugée aux États-Unis et tout réassureur doit savoir qu'il s'expose à ce genre de jurisprudence en acceptant des affaires américaines.
Jadis limitée à quelques affaires spécifiques, la réassurance est devenue actuellement un acteur important du secteur de l'assurance où elle y joue une influence croissante. Cette montée du rôle des réassureurs est due à plusieurs facteurs :
- La réassurance permet aux cédantes de faire face aux pics de sinistralité exceptionnels du type tempête Lothar de 1999 ou attentats du World Trade Center. Ainsi la réassurance aide à empêcher la faillite d'un assureur qui n'a pas les fonds disponibles en cas de particulièrement grande catastrophe.
- En se réassurant, la cédante dispose d'une plus grande capacité et sûreté financière et peut par conséquent souscrire plus d'affaires qu'elle ne l'aurait pu si elle n'avait pas de réassureurs et ne disposait que ses fonds propres.
- La réassurance sert à lisser les bilans et résultats financiers des cédantes d'une année sur l'autre en intervenant les années où il existe de nombreux sinistres chez la cédante. Ainsi la cédante a une plus grande stabilité financière sur moyen et long terme.
- Enfin, la pression des autorités réglementaires, des agences de rating ou même des actionnaires pousse les sociétés d'assurance à se réassurer dans certaines branches.
Les réassureurs couvrent en général des risques avec des garanties particulièrement importantes. Ils éprouvent par conséquent le besoin d'atomiser leurs risques toujours plus que les assureurs. Les réassureurs possèdent fréquemment un portefeuille particulièrement mondial, éclaté sur de nombreux pays, et particulièrement varié dans de nombreuses branches (vie, non vie, aviation, dommages aux biens, crédit et caution, etc. ). De même, un réassureur fera plus attention au contrôle de son cumul (par exemple toutes ses couvertures de risques dommages sur la côte ouest des États-Unis). On utilise fréquemment l'expression équivalente en anglais d'aggregates pour parler de ces cumuls.
Sur un même programme (ou bien contrat) de réassurance, il existe une seule cédante (plus peut-être ses filiales) et en général plusieurs réassureurs (fréquemment de l'ordre de quatre à dix mais quelquefois jusqu'à plus de trente). Le réassureur qui a la plus grande part de la cession totale est nommé le réassureur apériteur (leader). Ce dernier peut jouir de certains privilèges comparé aux autres, et en général c'est seulement avec lui que la cédante discutera d'une éventuelle modification du contrat ou bien négociera dans l'objectif d'inclure des affaires spéciales. Les autres réassureurs doivent suivre la décision de ces discussions.
La limite du dispositif est celle du risque majeur étendu à une grande échelle qui génèrerait des coûts insupportables pour tout le dispositif d'assurance. Les sinistres que craignent les réassureurs sont des événements de type catastrophe naturelle majeure à grande échelle (crue de la Seine à Paris par exemple), pandémie grippale grave ou actes terroristes graves, susceptibles d'engendrer de longues pertes d'exploitation par rupture de la continuité économique qui pourrait nécessiter des milliards d'euros d'indemnisation. Diverses clauses dans la majorité des contrats protègent les assureurs contre une partie de ces risques. Certains États ont eux-mêmes aussi pris des dispositions législatives pour ne pas couvrir des risques de type accident nucléaire majeur.
Fonctionnement de la réassurance
On peut distinguer plusieurs branches et sous-branches dans la réassurance (vie, non vie, dommages aux biens, responsabilité civile, etc. ) qui se déclinent en trois grands types ou modes de réassurance (obligatoire, facultatives et facultative-obligatoire) qui peuvent eux-mêmes se conjuguer sous quatre grandes formes de contrats de réassurance (excédent de sinistre, excédent de pleins, excédent de perte, quote-part).
La plupart des contrats ont une durée d'un an avec pour date d'effet le 1er janvier. Chaque année les contrats de réassurance sont renouvelés durant la période de renouvellement (renewal) qui marque habituellement le pic d'activité chez les réassureurs, les courtiers de réassurance et le département cession des cédantes.
Durant le renouvellement la cédante et/ou son courtier font généralement un appel d'offres de réassurance avec un type de contrat et des conditions préchoisies (quelquefois en accord avec le réassureur apériteur) décrites sur une note de couverture (slip). Les réassureurs proposent dans ce cas soit seulement soit successivement, le prix (un taux sur l'assiette de prime du portefeuille) et la part qu'il souhaitent pour participer à ce contrat ou programme de réassurance (quelquefois le taux de cession/rétention). La cédante choisira ensuite un taux de prime puis allouera les parts à chaque réassureur en leur envoyant une note de couverture définitive. Plus tard elle leur enverra le document contractuel (wording) qui définit plus en détail les règles et conditions du contrat de réassurance, que chaque partie signera.
Branches et sous-branches de la réassurance
Les différents types de réassurance suivent dans les grandes lignes ceux des assurances. Il s'exerce par conséquent une première différence entre :
- la réassurance vie (life en anglais),
- et la réassurance non vie, dite aussi de dommage (non life).
La réassurance non vie se divise ensuite entre :
- la réassurance de personnes (health),
- la réassurance de responsabilité civile (casualty),
- et la réassurance de biens (property).
La réassurance financière (financial ou bien finite) peut être reconnue comme un type de réassurance à part (voir la section suivante).
Il existe aussi la réassurance dite en programme business qui couvre des risques liés aux grandes entreprises et qui existe en particulier aux États-Unis.
Types ou modes de réassurance
Les trois modes de réassurance sont par ordre de volume de primes la réassurance obligatoire réalisée par traités (treaties) qui couvrent tout le portefeuille d'une cédante dans une sous-branche, comme le portefeuille automobile ou incendie par exemple. Par la suite vient la réassurance facultative réalisée par des facultatives (facultatives en anglais) qui couvrent un ou plusieurs risques ou polices spécifiques de la cédante et qui sont explicitement décrits. Enfin bien plus rare, la réassurance facultative-obligatoire qui exécute un mélange des deux modes qui ont précédé. Par définition, la réassurance en traité couvre des sommes bien plus importantes et le réassureur doit accepter de couvrir l'ensemble des risques de la sous-branche de la cédante, alors que la réassurance en facultative ne couvre qu'un ou quelques risques choisis par les deux parties. Elle réclame par conséquent une expertise plus importante et se rapproche de la souscription en assurance. Dans la réassurance facultative-obligatoire, la cédante choisit quels sont ses risques qui seront cédés au réassureur qui doit accepter de couvrir tout ces risques.
La réassurance proportionnelle consiste en une participation proportionnelle du réassureur aux gains (primes) et pertes (sinistres) de la cédante. Et dans le cadre de la réassurance proportionnelle, le réassureur en contrepartie d'une portion ou partie déterminée de la prime d'assurance facturée par la cédante, indemnise cette dernière contre une portion déterminée des sinistres couverts par la cédante au titre des polices concernées et des LÆ (Loss Adjustment expenses)
Quote-part ou QP (quota share)
Excédent de pleins ou XP (surplus share)
| Le réassureur va intervenir seulement sur les polices dépassant un certains montant de garantie, nommée ligne (line). En suivant l'exemple d'en haut, un contrat en excédent de pleins pourrait être comme tel : R intervient à partir d'une ligne de 2 000 000 € jusqu'à deux lignes, soit 4 000 000 €. Ainsi R ne touchera comme prime que les polices avec un montant de garantie identique ou supérieur à 2 000 000 €, c'est-à-dire seulement celle de Mme Z, 800 €. En cas de catastrophe ou les polices de M. X et Mme Z sont complètement sinistrées, R payera seulement pour la garantie de Mme Z soit 2 000 000 € alors que A, habituellement, ne devrait débourser de l'argent que pour M. X soit 1 000 000 €.
Autre définition, le plein ou "Ligne" est le montant en capital conservé par la cédante pour son propre compte sur chaque affaire. Il fluctue selon sa capacité de souscription dans une catégorie déterminée, ce plein est fixé par un conseil d'administration. Donc, il est indispensable de faire un partage de l'ensemble des risques qui dépassent son plein de conservation, risque par risque et d'établir des borderaux de répartition des capitaux, des primes et des sinistres. Exemple : Une société "X" assure une usine pour un capital de 25.000.000 Dhs elle conserve sur cette affaire un plein de 2.000.000 Dhs et cède en réassurance neuf pleins de 2.000.000 dhs, ce qui est identique à 18.000.000 dhs le sous total étant de 20.000.000 dhs. > Le montant restant est de 5.000.000 est positionné en cession facultative. > Le traité en Excédent de Plein a une gestion lourde, parce qu'il prévoit la confection à chaque période de compte et de souscription des borderaux de primes et de sinistres, risque par risque. |
Réassurance non proportionelle
Dans le dispositif de la réassurance non proportionelle, le réassureur n'intervient qu'à un certains seuil de sinistre ou de perte de la cédante. Le réassureur touchera pour cela un pourcentage de la prime. Le sort de la cédante et du réassureur sont nettement moins liés, ainsi au cours d'une année d'exercice, A pourra être en perte, mais pas nécessairement R, ce qui aurait dû être le cas dans le cadre d'un contrat en quote-part.
Excédent de sinistre ou XS (excess of loss ou XL)
Excédent de perte (stop-loss ou SL)
Réassurance non traditionnelle
Enfin, la réassurance non respectant les traditions propose d'autres types de couvertures plus complexes avec des outils financiers (par exemple spread-loss, XL aggregate, etc. ).
Réassurance respectant les traditions et non traditionnelle
Ces dernières années la réassurance non respectant les traditions a vu sa part dans la réassurance mondiale augmenter progressivement, même si elle reste marginale. On regroupe dans la réassurance non respectant les traditions les différentes formes de transfert de risque non classiques comme la réassurance financière ou le transfert alternatif de risque. L'idée générale de ces produits est d'offrir des solutions au mieux adaptées au cas par cas. Au départ particulièrement orientée vers le lissage de bilan des sociétés d'assurance, la réassurance financière s'est éloignée de ce type d'opération financière après surtout les déboires du géant américain AIG et la pression des autorités de contrôle américaines pour empêcher ces embellissements ou trucages de bilan des sociétés. Actuellement, la réassurance non respectant les traditions s'est rapprochée des activités plus classiques de la réassurance mais en proposant des solutions ad hoc plus flexibles et mieux adaptées que les formes respectant les traditions de la réassurance. Le transfert alternatif du risque ou alternative risk transfer (ART) correspond quant à lui à un transfert du risque sur les marchés financiers. Les produits ainsi proposés sur les marchés de capitaux peuvent être des opérations de titrisation (cat bonds), des protections avec franchise de sinistre marché (MLF ou market loss franchise, ILW ou industry loss warranty), des déclencheurs notionnels (portfolio sample trigger), des options et des swaps subordonnés, des dérivés climatiques (weather derivatives), des couvertures indicielles, etc. Les autres formes de réassurance non respectant les traditions (par exemple titrisation, market loss franchise, options et swaps subordonnés) pourront cependant continuer à exister sous réserve de leur compatibilité avec les règlements de comptabilité mondiales ou statutaires (IFRS, US GAAP, French GAAP, SAP, etc. ).
L'abréviation ré ou re en anglais
Les abréviations ré (pour réassurance) ou re (pour reinsurance) en anglais accompagnent le nom de la majorité des compagnies de réassurance, comme un symbole d'appartenance à la branche. A titre d'exemple, c'est le cas pour le n°1 mondial de la réassurance : Munich Ré.
Marché de la réassurance
Selon les données 2004 de la Fédération française des sociétés d'assurances[1], le marché de l'assurance mondiale représente un chiffre d'affaires d'environ 2 100 milliards d'euros et celui de la réassurance 135 milliards d'euros (soit 6, 5 % de l'assurance) dont 100 milliards disponibles sur le marché mondial de la réassurance (4, 7 %).
En France, cinquième marché mondial, le marché de l'assurance représente en 2004 un chiffre d'affaires de 158 milliards d'euros, soit plus de 7 % de l'assurance mondiale. Le marché de la réassurance y représenterait un chiffre d'affaires de l'ordre de huit milliards d'euros dont cinq disponibles sur le marché concurrentiel.
Alors que le marché de l'assurance se divise en 57 % de branche vie et 43 % de non vie, celui de la réassurance se compose à 20 % de vie ainsi qu'à 80 % de non vie. Cela vient du fait que les grands sinistres sont en non vie, d'où le plus grand besoin en réassurance.
Le marché de la réassurance est toujours plus concentré que celui de l'assurance et les vingt plus gros réassureurs mondiaux représentent 74 % du marché en 2004 (39 % en 1990) et les cinq premiers 45 % (21 % en 1990).
En 2004 les pays les plus demandeurs de réassurance étaient les États-Unis (42 %), suivi par l'Allemagne (17 %), le Royaume-Uni (11 %) et la France (6 %).
Du côté de l'offre de réassurance, l'Allemagne se place en tête en 2004 avec 26 %, suivie par les États-Unis (19 %), les Bermudes (17 %) et la Suisse (16 %).
Les douze principaux réassureurs mondiaux au 31 décembre 2006 étaient dans l'ordre décroissant[2] :
- Munich Re (Allemagne, chiffre d'affaires de 28, 3 milliards de dollars américains de primes émises)
- Swiss Re (Suisse, 25, 9 milliards de dollars américains)
- Lloyd's (Royaume-Uni, 11 milliards de dollars américains)
- Berkshire Hathaway – General Re (États-Unis, 10, 7 milliards de dollars américains)
- Hannover Re (Allemagne, 9, 5 milliards de dollars américains)
- Scor (France, 3, 6 milliards de dollars américains de primes émises + 2 milliards du fait de la reprise de Converium en juillet 2007)
- Reinsurance Group of America ou RGA (États-Unis, 4, 3 milliards de dollars américains)
- Everest Re (Bermudes, 3, 8 milliards de dollars américains)
- Allianz Re (Allemagne, 3, 7 milliards de dollars américains)
- Partner Re (Bermudes, 3, 7 milliards de dollars américains)
- Transatlantic Re (États-Unis, 3, 7 milliards de dollars américains)
- XL (Bermudes, 2, 6 milliards de dollars américains)
Il n'existe pas de chiffres publiés pour la totalité du marché français mais principaux réassureurs y sont Swiss Re, Hannover Re, Munich Re et la Caisse centrale de réassurance (CCR), le réassureur de l'État français.
Les trois plus grands réassureurs français dans le monde au 31 décembre 2006 sont [3] :
- Scor (chiffre d'affaires de 3, 6 milliards de dollars américains de primes émises + 2 milliards du fait de la reprise de Converium en juillet 2007)
- CCR (1, 5 milliard de dollars américains)
- Paris Ré (1, 2 milliard de dollars américains)
Courtiers de réassurance
- Comme pour l'assurance, il existe des courtiers de réassurance qui conseillent et assistent leurs clients, alors des sociétés ou mutuelles d'assurance. Le courtier de réassurance (reinsurance broker) est aussi chargé par son client, la cédante, de négocier et placer ses programmes de réassurance auprès des compagnies de réassurance. Même si le courtier n'est pas solidaire des engagements du réassureur auprès de la cédante, il reste tenu par un devoir de conseil envers celle-ci sur le risque de crédit et de défaillance des réassureurs.
- Sur le marché français, la majorité des cédantes font appel à un courtier qui placera leur (s) programme (s) de réassurance auprès de plusieurs réassureurs. Dans d'autres pays comme aux États-Unis, les réassureurs doivent choisir de travailler en direct exclusivement ou par courtier exclusivement (direct market ou broker market). Le leader du courtage de réassurance en France est Aon Réassurance qui détient à peu près les deux-tiers du marché.
- Les 5 plus grands courtiers de réassurance furent en 2003 (source : Business Insurance) :
-
- 1. Aon Re – États-Unis (CA : 945 millions d'€) - Aussi leader dans le management des captives
- 2. Guy Carpenter – États-Unis (850)
- 3. Willis Re – Royaume-Uni (513)
- 4. Benfield – Royaume-Uni (491)
- 5. Towers Perrin – États-Unis (135)
Rating des Réassureurs
- Les sinistres pouvant avoir des développements particulièrement long sur plusieurs décennies (e. g. en responsabilité civile) il est important pour la cédante que son réassureur soit présent et solvable pour toujours de nombreuses années. La sécurité financière d'un réassureur est par conséquent l'un des choix principaux de la cédante pour choisir son ou ses réassureurs. Elle peut en principe fouiller dans les bilans et autres rapports d'entreprise de chaque réassureur mais ce travail est long, fastidieux, perpétuel et demande un vrai know-how de la réassurance. C'est pourquoi la majorité des cédantes se fient aux divers ratings présentés par des agences neutres et spécialisées qui révisent leur analyse régulièrement.
- L'agence de Rating qui fait foi d'autorité sur le marché de la réassurance est Standard & Poor's (S&P). Les agences de notation AM Best et Fitch sont aussi beaucoup reconnues par la profession.
- Plus le rating d'un réassureur sera élevé, et plus il est à même d'être reconnu sûr financièrement auprès des cédantes et par conséquent d'engranger des affaires, quoiqu'il existe plusieurs autres critères importants.
Ratio combiné des réassureurs
- Le ratio combiné (Combined Ratio) fait partie des moyens les plus simples et utilisés pour comparer les performances des réassureurs entre eux ainsi qu'au fil des années.
les sinistres payés ou à payer plus les coûts administratif sur les primes acquises. C'est en fait le ratio des sinistres (Loss Ratio) qui tient compte en plus des dépenses administratives.
- Le ratio combiné est exprimé en pourcentage de la prime acquise par le réassureur. Si ce ratio est supérieur à 100%, le réassureur est techniquement en perte avant le profit réalisé par ses investissements. Ainsi, le ratio combiné moyen du marché était de l'ordre de 130% en 2001 (année de l'attentat du World Trade Center) pour redescendre à 97% en 2004, son meilleur résultat depuis 1990.
Rétrocession et recoverables
- Il arrive fréquemment qu'un réassureur se réassure lui-même auprès d'autres réassureurs. Cela se nomme la rétrocession. Le réassureur sera dans ce cas nommé rétrocédante et il rétrocède tout ou partie de son risque auprès d'un rétrocessionnaire.
- Dans la pratique, les rétrocessionnaires sont aussi des réassureurs. On pourrait par conséquent parler de co-réassurance ou bien d'un pool de réassurance en cas de cession proportionnelle. Les protections de réassurance intervenant sous forme non proportionnelles cad avec une franchise à charge de la cédante conservent dans l'ensemble des cas de nom de'rétro' (ou protection XS sur portefeuille de réassurance acceptée. NB : à ne pas confondre avec les rétrocessions spécifiques qui consistent à céder une partie d'une affaires de réassurance donnée et d'elle-seule. Les rétrocessionnaires se réassurent quelquefois eux-mêmes, et le cercle d'assurance / réassurance peut continuer sur plusieurs échelons, et sur plusieurs exercices comptables. On parle dans ce cas d'une spirale. À Londres cette spirale a été beaucoup entretenue pendant des années à travers les acceptations de rétrocessions L. M. X. (london market XL).
- Tant les choix de réassurance que de rétrocession sont de plus en plus scrutés par les agences de Rating qui cherchent en particulier à analyser la quantité et la qualité des créances sur réassureurs de chaque cédante ou rétrocédante, c'est-à-dire leur risque de crédit sur comptes de tiers, ce facteur entrant dans le scoring aboutissant à la notation de la société analysée. Les créances sur comptes de tiers réassureurs, ou recoverables en anglais, sont en fait l'argent qui est dû aux réassureurs par leur rétrocessionnaires pour des sinistres payés ou mis en réserve.
Réglementation de la réassurance
- En France, les réassureurs sont soumis tout comme les assureurs aux directives de l'Autorité de contrôle des assurances et mutuelles d'assurance (ACAM). Fait spécifique à la France et quelques autres pays dans le monde, les assureurs sont incités à demander aux réassureurs de déposer des fonds ou de nantir des titres en garantie des engagements qu'ils prennent à leur égard. Ainsi, en cas de défaillance du réassureur, l'assureur a la garantie de récupérer ses créances. Cette particularité pourrait cependant disparaitre avec les nouvelles règles de solvabilité prévues à l'échelle européenne à l'horizon 2010 (Solvency II).
- Malgré cela, le secteur de la réassurance reste généralement moins réglementé que celui de l'assurance en Europe, sauf dans les dispositions fiscales spécifiques irlandaises ou luxembourgeoises. Le Parlement européen s'est penché récemment sur cet écart de traitement pour mieux encadrer la réassurance : les ratios de solvabilité des réassureurs vie et non-vie pourraient surtout s'appliquer comme sur ceux en vigueur dans l'assurance. Les lois relatives à la réassurance qui ont été votées par le parlement européen entreront cependant en vigueur que dans quelques années.
Les métiers spécifiques de la réassurance
- L'actuaire (Actuary) étudie les risques probabilistiques, en utilisant entre autres la modélisation, pour établir les tarifications générales (primes d'assurance).
- Le courtier de réassurance (Reinsurance Broker) est chargé par des cédantes de leur trouver les contrats les mieux adaptés et/ou au meilleur coût auprès des compagnies de réassurance.
- Le souscripteur de réassurance (Underwriter) est chargé de souscrire ou non une affaire (un risque) qui lui est proposé par une cédante.
Notes
- ↑ Voir http ://www. ffsa. fr/.
- ↑ Source : rapports annuels des sociétés.
- ↑ Source : rapports annuels des sociétés.
Liens externes
- (fr) Commission de contrôle des assurances, des mutuelles et des instituts de prévoyance
- (fr) APREF Association des professionnels de la réassurance en France
- (fr) Les dix leaders en France (2006)
- (fr) Un article de Finance & Stratégie ainsi qu'une interview vidéo présentant le secteur de la réassurance
Recherche sur Amazone (livres) : |
La version présentée ici à été extraite depuis cette source le 12/03/2009.
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